Le journal des JMJ #3

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© © Kasia Strek/CIRIC
Le journal des JMJ #3
© © Kasia Strek/CIRIC

Pendant deux semaines, Pèlerin est en Pologne pour vous faire vivre les JMJ de Cracovie. Du 19 au 25 juillet, nous sommes dans le diocèse de Kielce avec les jeunes JMJistes d’Aix-en-Provence, avant de mettre le cap sur Cracovie, du 25 au 31 juillet. Coulisses, moments forts, portraits de jeunes, photos : c’est tous les matins, dans notre Journal des JMJ.

Ce qu’il faut retenir de la journée d’hier 

Les pompiers polonais font le show

Pour notre troisième journée « en diocèse », nous restons dans les environs de Chmielnik. Au programme : rencontre avec la population polonaise, visites du patrimoine local et veillée de prière sur la place du village. Le fait marquant de ce matin, c’est bien sûr l’accueil formidable que nous avons reçu à l’office départemental de la protection des forêts de Chmielnik. A la surprise générale, les pompiers qui officient en ce lieu nous ont offert une démonstration magistrale de leur savoir-faire. 

Regroupés sur un parking en plein cagnard, nous attendons. Une petite voiture noire accidentée est immobilisée face à nous, derrière un cordon de sécurité. A l’intérieur, on distingue un blessé. Déboulent deux camions de pompiers, sirènes hurlantes et gyrophares allumés. Les soldats du feu se précipitent vers le véhicule et, à l’aide d’une machine impressionnante –un compresseur, me glisse Davy, qui est gendarme- et procèdent, sous nos yeux ébahis, à la désincarcération du blessé. 

Les vitres éclatent en petits morceaux, la tôle des portières se tord et, en quelques minutes, la fausse victime est évacuée sur un brancard. Applaudissement des JMJistes. Aussitôt, ils sont invités à enfiler un casque et une tenue de pompier, pour apprendre à manier la machine à désincarcérer…  La voiture noire finit en pièces détachées.  « Il y en a qui ont trouvé leur vocation », s’amuse Mgr Dufour, qui s’abrite du soleil sous un parapluie violet. Qui aurait cru vivre ce genre d’expérience aux JMJ ? Certains jeunes auront même le privilège de monter sur l’immense échelle mécanique, à plus de 40 mètres de hauteur. Succès assuré pour nos pompiers polonais.

Des Africains en Pologne

Elisabeth, 20 ans, et Barthélémy, 26 ans, sont Béninois. Accompagnés par le Père Herman, prêtre Béninois, ils ont été choisis par leurs paroisses pour représenter leur pays à Cracovie. Ils se sont joints au groupe du diocèse d’Aix-en-Provence, qui entretient une vieille amitié avec le Bénin. C’est la première fois qu’ils voyagent en Europe. Pour eux, c’est un vrai choc culturel. Le climat, la nourriture, la manière de s’habiller et de vivre sa foi : tout est différent. 

Pour Barthélémy, quelle surprise de découvrir que les jeunes occidentales portent des mini-shorts, alors que dans son pays, les jeunes filles doivent porter des jupes et n’ont même pas le droit au pantalon ! Nos combines pour nous protéger du soleil –écran total, écharpes nouées sur la tête- l’amusent : « Nous, le soleil ne nous dérange pas ! » s’exclame-t-il. Sa foi en Dieu, il l’exprime de manière joyeuse, en jouant du djembé et en entraînant tout le groupe dans des chants et des danses africaines, avec de grands éclats de rire.

Sœur Nadine, elle, vient du Sénégal. Elle fait partie de la congrégation des Filles de la Résurrection, et elle est en mission à Arles depuis plusieurs années. « En Afrique, nous nous exprimons beaucoup avec notre corps, explique-t-elle. Que ce soit pour dire la joie ou la souffrance, nous aimons danser et chanter, même lors des funérailles. » 

Peu de jeunes Africains ont pu faire le voyage en Pologne, en raison de son coût. « Au Sénégal, nous organisons tous les cinq ans des JMJ au niveau national, rapporte Sœur Nadine. Un diocèse invite tous les autres pour trois jours de catéchèses, de célébrations, de prière. Et tous les ans, nous organisons des mini-JMJ au niveau de chaque diocèse. » A quand des JMJ en Afrique ?

Adoration eucharistique sur la place du village

Ce soir, nous sommes conviés à une « veillée de miséricorde » sur la place de Chmielnik. Une estrade a été dressée, tout le village est là. Pendant qu’un groupe local de louange entraîne l’assemblée, nous faisons la connaissance d’Iwona, une jeune mère de famille polonaise de 37 ans, professeur de sport. Kasia, la photographe polonaise qui assure le reportage photo pour Pèlerin, fait la traduction. 

« Pour les jeunes Polonais de Chmielnik, l’arrivée d’un groupe de JMJistes français est un véritable événement, assure Iwona. Nous voyons dans nos rues ces jeunes joyeux et dynamiques. D’habitude, nous observons plutôt ces scènes à la télévision, en direct de la place Saint-Pierre, à Rome. Les jeunes de Chmielki découvrent que Dieu est important, aussi, pour d’autres jeunes venus du monde entier. »

 

21h. La nuit est tombée. Après les témoignages, la veillée se termine par un temps d’adoration. Une procession s’élance de l’église, en direction de la place du village.  Vêtu d’une aube blanche, Mgr Dufour tient contre son cœur le Saint Sacrement. A l’avant du cortège, les jeunes des JMJ brandissent les bannières. Derrière eux, des jeunes polonais portent des lumignons. Des fillettes en robes blanches lancent des pétales de fleurs et deux religieuses portent un énorme encensoir, qui diffuse sa fumée et son parfum dans les rues de Chmielnik. Des habitants ferment la marche. 

 

Sur le passage du cortège, des hommes, des femmes et des enfants s’agenouillent en se signant. L’ostensoir est exposé sur l’estrade. La place du village fait silence. Un chant s’élève, accompagné à la guitare. Au pied du Saint Sacrement, les jeunes Aixois, assis ou à genoux, prient en silence. 

C’est au programme aujourd’hui 

Rendez-vous à Kielce, visite de la ville, mini JO, eucharistie au stade et concert. 

Notre JMJiste du jour…

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... est Clothilde, 19 ans, une brune aux yeux pétillants, étudiante aux Beaux Arts d’Avignon. Pour participer à ses premières JMJ, elle n’a pas hésité à faire des sacrifices. « J’ai payé moi-même le voyage et j’ai refusé un stage de trois mois dans un musée », confie la jeune fille. Ce qu’elle en attend ? « J’ai envie de faire une pause dans ma vie, explique-t-elle. En seconde, je suis partie en pèlerinage à Assise avec l’aumônerie de mon lycée. Quand je suis revenue, je me sentais libre, légère. C’est ce que j’ai envie de vivre aux JMJ. » 

Partager sa foi avec d’autres jeunes catholiques est vital pour elle. « Aux Beaux-Arts, je suis la seule catholique, note Clothilde. Originaire d’Aix-en-Provence, elle se sent isolée de la communauté chrétienne où elle a grandi. Maintenant que je vis seule, dans un petit studio, ce n’est pas évident de continuer à aller à la messe. » 

Ainée de quatre enfants, la foi lui a été transmise dans sa famille. « A l’âge de cinq ans, j’allais à l’éveil à la foi chez les religieuses de la maternité catholique de l’Etoile, à Puyricard », se souvient Clothilde. Mais, devenue étudiante, elle s’est quelque peu éloignée de la foi de son enfance. Cette année, la jeune fille a accepté d’être cheftaine de louveteaux, aux Scouts d’Europe. « Je voulais faire une action bénévole, et le scoutisme m’a permit de retrouver ma foi, que j’avais un peu délaissée. »

Cette foi, Clothilde la vit librement, à sa façon. Elle aime dire une prière quand elle pousse la porte d’une église, ou allumer un cierge pour une personne malade de son entourage. « Je ne suis pas forcément tous les enseignements de l’Eglise, mais je vis ma foi au quotidien, à travers de petites attentions aux autres. » 

La photo du jour

Photo de la photographe Kasia Strek/CIRIC

JMJM

 

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Paru le 7 décembre 2017

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