Le journal des JMJ #4

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© Kasia Strek/CIRIC
Le journal des JMJ #4
© Kasia Strek/CIRIC

Pendant deux semaines, Pèlerin est en Pologne pour vous faire vivre les JMJ de Cracovie. Du 19 au 25 juillet, nous sommes dans le diocèse de Kielce avec les jeunes JMJistes d’Aix-en-Provence, avant de mettre le cap sur Cracovie, du 25 au 31 juillet. Coulisses, moments forts, portraits de jeunes, photos : c’est tous les matins, dans notre Journal des JMJ.

Ce qu’il faut retenir de la journée d’hier 

Visite du palais des évêques et de la cathédrale de Kielce

Après la messe, à huit heures, et un temps de prière, départ pour Kielce, 200 000 habitants, à une trentaine de kilomètres de Chmielnik. Depuis notre arrivée, mardi 19 juillet, dans le diocèse de Kielce, nous n’avons pas encore eu l’occasion de visiter la capitale de la voïvodie de Sainte-Croix. Au lieu de prendre notre autocar habituel, nous grimpons dans un bus de ville qui fait la liaison Chmielnik-Kielce. 

Située au Sud de la Pologne (et à 115 km de Cracovie), Kielce est certes un centre économique pour la région, mais surtout, une ville vieille de plus de mille ans, chargée d’histoire et de culture. Nous le découvrons en visitant le magnifique palais des évêques, aujourd’hui transformé en musée national.

palais des eveques

« Ce palais a été construit au début du XVIIe siècle par les évêque de Cracovie », nous explique notre guide en français. Elle nous entraîne dans un dédale de salles richement décorées, aux plafonds peints, et aux murs recouverts de tableaux représentant les anciens maîtres de ce lieu. 

Nous poussons ensuite la porte de la cathédrale, qui se dresse face au palais des évêques. L’église d’origine date de 1171, mais l’édifice est aujourd’hui de style baroque, comme la plupart des églises polonaises que nous avons visitées depuis notre arrivée. Nous nous dirigeons ensuite vers la grande place qui jouxte la cathédrale, où des groupes de JMJistes de toutes les nationalités convergent par centaines. Un attroupement se créé autour de jeunes du Mozambique, qui se déhanchent au rythme du djembé. Nos jeunes Aixois se précipitent dans leur direction, en entonnent avec eux l’hymne des JMJ, en français.

 

Messe géante au stade de Kielce

Guidés par une fanfare, nous nous rendons à pied au stade Kolporter Arena de Kielce, au milieu d’un joyeux cortège de 1500 jeunes, tous hébergés dans le diocèse de Kielce, qui agitent leurs bannières et chantent à tue-tête.

 

15h, nous prenons place dans les gradins. Les sièges devant nous sont occupés par des Bretons, et à notre gauche se trouvent des Angevins, coiffés d’un bob bleu, banc, rouge. Nos jeunes Aixois, eux, ont peint des drapeaux tricolores sur leurs joues. Une « ola » géante parcourt les gradins. Les jeunes bondissent de leurs sièges quand leur visage apparaît sur le grand écran, qui retransmet des images du stade en direct. 

Mais ce n’est pas à un match de football que nous sommes venus assister. Il est 15h30, et la messe va commencer. Des dizaines de prêtres, en aube blanche, ont pris place dans les gradins. Une chorale chante en polonais. En procession, les évêques traversent la pelouse, jusqu’à une estrade, dressée face à nous, à l’autre bout du stade. Nous apercevons parmi eux Mgr Dufour. En nous voyant dans les gradins, il nous fait un signe de la main. Derrière l’autel, une croix a été installée, avec, au centre, une immense image de la Sainte Face du Christ du linceul de Turin. Tenus par des JMJistes, deux rangées de drapeaux, dans lesquels s’engouffre le vent, forment une haie d’honneur de part et d’autre de l’autel. 

 

Après la messe, et un spectacle, le silence tombe sur le stade alors que le Saint Sacrement est exposé sur l’autel. Dans les travées du stade, des prêtres confessent les jeunes, dans toutes les langues. Il fait très chaud, et des secouristes arpentent les gradins, pour distribuer du pain et des bouteilles d’eau. Des familles polonaises sont présentes. Les enfants, qui trouvent le temps un peu long, s’amusent dans les gradins, pendant que leurs parents prient en silence. L’ambiance n’est pas partout aussi recueillie. Quelques rangs devant moi, des jeunes Cambodgiens s’amusent à se prendre en photo à l’aide d’une « perche à selfie », sans prêter attention à l’ostensoir exposé derrière eux…

Soirée barbecue avec nos hôtes polonais

De retour à Chmielnik, nos hôtes polonais ont préparé une petite fête avec des amis, à laquelle nous sommes conviés. Nous avons reçu un accueil extraordinaire dans « notre famille », composée de Carola, 19 ans, future étudiante en médecine, et de ses parents.  Installés à une table dans le jardin, on nous sert une « vodka aux fruits » dans des verres minuscules. « Na zdrowie ! », (« santé ! ») s’écrient nos amis polonais. Carola court chercher son saxophone, et, avec un ami qui joue de la trompette, nous interprète Yesterday, de John Lennon. « Que pensiez-vous de la Pologne, avant d’arriver ? » Nous demande sa maman. « Et qu’est-ce qui vous a surpris ici ? » Nous questionne-t-elle encore. Le père de Carola, lui, a une très bonne image de notre pays : pendant l’époque communiste, il recevait de France des colis contenant des médicaments, des vêtements, des livres et des disques, nous raconte-il. 

C’est au programme aujourd’hui 

Grasse matinée, messe à l’église de Chmielnik animée par les Français et les Polonais, départ pour Kielce pour des « activités ludiques »… Impossible d’en savoir plus, le programme nous est communiqué au jour le jour. Il n’y a qu’à se laisser surprendre !

Notre JMJiste du jour…

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... est Daniel, 22 ans, originaire du Brésil. Arrivé en France en août 2015, il a tout quitté, sa famille, ses amis, son pays, pour se consacrer entièrement à l’évangélisation des jeunes, à Aix-en-Provence. Laïc, Daniel est missionnaire au sein de la communauté catholique Shalom. Fondée en 1982 au Brésil, cette communauté issue du Renouveau charismatique s’est implantée dans le diocèse d’Aix en 2014, à la demande de Mgr Dufour, qui a fait de l’évangélisation de la jeunesse une priorité.

A Aix, six missionnaires de la communauté Shalom ont ainsi ouvert un café associatif dans le quartier des facultés, et ont monté un groupe de prière, pour « attirer les jeunes à Dieu. » « Ici en France, l’évangélisation se fait petit à petit, de personne à personne, en créant des liens d’amitié et de confiance avec les jeunes » explique Daniel, qui porte au cou une petite croix en bois, avec l’inscription « shalom » en hébreu (« la paix »). 

Elevé dans la foi chrétienne, le jeune Brésilien a vécu une « rencontre personnelle avec Jésus » à l’âge de 15 ou 16 ans. « Un jour, pendant la messe, au moment où le prêtre a élevé l’hostie, j’ai senti une voix dans mon cœur, qui me disait : je t’aime, et tu n’as besoin de rien d’autre que moi pour être heureux », raconte Daniel. Cette expérience a transformé sa vie. « J’ai commencé à ressentir le besoin de prier, et de passer du temps avec Dieu. » Il entre dans la communauté Shalom, et il est envoyé en France, un pays totalement inconnu dont il ne parlait pas la langue il y a à peine un an. 

Lui qui était arrivé avec beaucoup de clichés sur notre Eglise -« les églises sont désertes, il n’y a que des personnes âgées à la messe, la France n’est plus un pays chrétien »- a eu la surprise de découvrir à Aix, « une Eglise vivante, de la ferveur, des jeunes. » Il trouve tout de même nos célébrations à l’orgue un brin austère, comparé au Brésil, où « les louanges sont très joyeuses, avec de la guitare, de la batterie. » Si son arrivée en France a été une plongée dans l’inconnue, Daniel s’est vite acculturé. « Je sens que mon cœur est déjà planté dans cette terre », dit-il dans un Français si poétique.

La photo du jour

Photo de la photographe Kasia Strek/CIRIC

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Paru le 7 décembre 2017

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