Pour le pape François, le mariage est "la plus grande des amitiés"

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"L’amour dans le mariage" du pape François, un petit traité d’amour au quotidien, dans l'exhortation Amoris Laetitia © Volodymyr Ivash AdobeStock
"L’amour dans le mariage" du pape François, un petit traité d’amour au quotidien, dans l'exhortation Amoris Laetitia
"L’amour dans le mariage" du pape François, un petit traité d’amour au quotidien, dans l'exhortation Amoris Laetitia © Volodymyr Ivash AdobeStock

Dans son exhortation apostolique Amoris lætitia (en français : La joie de l'amour), datée du 19 mars 2016,  le pape François consacre le chapitre 4  à « L’amour dans le mariage ». Florilège de ce petit traité sur l'amour au quotidien.

À propos de l'article

  • Créé le 06/02/2018
  • Publié par :Sabine Harreau
  • Édité par :Sabine Harreau
  • Publié dans Pèlerin
    7 février 2018

Dieu se reflète dans un couple
Le mariage est un signe précieux, parce que lorsqu’un homme et une femme célèbrent le sacrement de mariage, Dieu pour ainsi dire, se ‘‘reflète’’ en eux, il imprime en eux ses traits et le caractère indélébile de son amour. Le mariage est l’icône de l’amour de Dieu pour nous.

L'amour conjugal a les caractéristiques d'une bonne amitié
Après l’amour qui nous unit à Dieu, l’amour conjugal est « la plus grande des amitiés ». C’est une union qui a toutes les caractéristiques d’une bonne amitié : la recherche du bien de l’autre, l’intimité, la tendresse, la stabilité, et une ressemblance entre les amis qui se construit avec la vie partagée. Mais le mariage ajoute à tout cela une exclusivité indissoluble – qui s’exprime dans le projet stable de partager et de construire ensemble toute l’existence.

Le mariage inclut la passion
Le mariage est une amitié qui inclut les notes propres à la passion, mais constamment orientée vers une union toujours plus solide et intense. Car « il n’est pas institué en vue de la seule procréation » mais pour que l’amour mutuel « s’exprime dans sa rectitude, progresse et s’épanouisse ».

Une union exclusive, fidèle et ouverte à la procréation
Cette amitié particulière entre un homme et une femme prend un caractère totalisant qui se trouve seulement dans l’union conjugale. Précisément parce qu’elle est totalisante, cette union est aussi exclusive, fidèle et ouverte à la procréation. On partage tout, même la sexualité toujours dans le respect réciproque.

Garder la joie de l’amour
Dans le mariage il convient de garder la joie de l’amour. Quand la recherche du plaisir est obsessionnelle, elle nous enferme dans une seule chose et nous empêche de trouver un autre genre de satisfaction. La joie, en revanche, élargit la capacité de jouir et nous permet de trouver du plaisir dans des réalités variées, même aux étapes de la vie où le plaisir s’éteint.

Apprécier l'autre au delà des apparences
L’amour d’amitié s’appelle ‘‘charité’’ quand on saisit et apprécie la ‘‘grande valeur’’ de l’autre qui ne coïncide pas avec ses attraits physiques ou psychologiques, il nous permet d’expérimenter la sacralité de sa personne, sans l’impérieuse nécessité de la posséder.

Souffrir et lutter unis
La joie se renouvelle dans la souffrance. Après avoir souffert et lutté unis, les conjoints peuvent expérimenter que cela en valait la peine, parce qu’ils sont parvenus à quelque chose de bon, qu’ils ont appris quelque chose ensemble, ou parce qu’ils peuvent mieux valoriser ce qu’ils ont. Peu de joies humaines sont aussi profondes et festives que lorsque deux personnes qui s’aiment ont conquis ensemble quelque chose qui leur a coûté un grand effort commun.

L'amour est affermi par le mariage
L’union trouve dans l’institution du mariage la manière d’orienter sa stabilité et sa croissance réelle et concrète. Certes, l’amour est beaucoup plus qu’un consentement externe, ou une sorte de contrat matrimonial ; mais il est certain aussi que la décision de donner au mariage une configuration visible dans la société exprime la ferme décision de s'appartenir l'un à l'autre.

Accepter d'assumer un pari audacieux
Choisir le mariage exprime la décision réelle et effective de faire converger deux chemins en un unique chemin, quoiqu’il arrive et face à n’importe quel défi. En raison du sérieux de cet engagement public de l’amour, il ne peut pas être une décision précipitée ; mais on ne peut pas non plus le reporter indéfiniment. S'engager de manière exclusive et définitive comporte une part de risque et de pari audacieux. Le refus d'assumer cet engagement est égoïste, intéressé, mesquin.

Un oui sans restrictions
L’amour concrétisé dans le mariage contracté devant les autres, avec tous les engagements qui dérivent de cette institutionnalisation, est la manifestation et le gage d’un « oui » qui se dit sans réserves et sans restrictions. Ce oui signifie assurer l’autre qu’il pourra toujours avoir confiance, qu’il ne sera pas abandonné quand il perdra son attrait, quand il aura des difficultés ou quand se présenteront de nouvelles occasions de plaisirs ou d’intérêts égoïstes.

Des gestes de tendresse plus fréquents, plus joyeux
L’amour qui ne grandit pas commence à courir des risques, et nous ne pouvons grandir qu’en répondant à la grâce divine par davantage de gestes d’amour, par des gestes de tendresse plus fréquents, plus intenses, plus généreux, plus tendres, plus joyeux. Le mari et la femme « prennent conscience de leur unité et l’approfondissent sans cesse davantage ».

Indispensable dialogue
Le dialogue est une manière privilégiée et indispensable de vivre, d’exprimer et de faire mûrir l’amour. Mais il suppose un apprentissage long et difficile. Hommes et femmes ont des manières différentes de communiquer, utilisent un langage différent, agissent selon des codes distincts.

Écouter l'autre avec attention
Se donner du temps, du temps de qualité, qui consiste à écouter avec patience et attention, jusqu’à ce que l’autre ait exprimé tout ce qu’il a sur le cœur, demande l’ascèse de ne pas commencer à parler avant le moment opportun. Au lieu de commencer à donner des avis ou des conseils, il faut s’assurer d’avoir écouté tout ce que l’autre avait besoin d’extérioriser. Il s’agit de reconnaître qu’il a le droit d’exister, de penser de manière autonome et d’être heureux.

Se fixer des limites pour vivre un beau parcours avec les passions
L’éducation de l’émotivité et de l’instinct est nécessaire, et pour cela, il est parfois indispensable de se fixer des limites. L’excès, le manque de contrôle, l’obsession pour un seul type de plaisirs finissent par affaiblir et affecter le plaisir lui-même et portent préjudice à la vie de famille. En vérité, on peut réaliser un beau parcours avec les passions, ce qui signifie les orienter toujours davantage dans un projet de don de soi et d’épanouissement personnel.

La sexualité, la dimension érotique de l’amour, un don de Dieu
Dieu lui-même a créé la sexualité qui est un don merveilleux fait à ses créatures. Le besoin sexuel des époux n’est pas objet de mépris, « il ne s’agit, en aucune manière, de mettre en question ce besoin ». La dimension érotique de l’amour : un don de Dieu qui embellit la rencontre des époux. Étant une passion sublimée par un amour qui admire la dignité de l’autre, elle conduit à être « une pleine et authentique affirmation de l’amour ».

Se choisir sans cesse
La prolongation de la vie conduit à quelque chose qui n’était pas fréquent à d’autres époques : la relation intime et l’appartenance réciproque doivent se conserver durant quatre, cinq ou six décennies, et cela se convertit en une nécessité de se choisir réciproquement sans cesse.

Les sentiments peuvent évoluer dans un projet commun
C’est le compagnon sur le chemin de la vie avec lequel on peut affronter les difficultés et profiter des belles choses. Cela produit aussi une satisfaction qui accompagne la tendresse propre à l’amour conjugal. Nous ne pouvons pas nous promettre d’avoir les mêmes sentiments durant toute la vie. En revanche, oui, nous pouvons nous engager à nous aimer et à vivre unis jusqu’à ce que la mort nous sépare, et à vivre toujours une riche intimité.

Un amour au-delà des sentiments
L’amour que nous nous promettons dépasse toute émotion, tout sentiment et tout état d’âme, bien qu’il puisse les inclure. C’est une affection plus profonde, avec la décision du cœur qui engage toute l’existence. Ainsi, dans un conflit non résolu, et bien que beaucoup de sentiments confus s’entremêlent dans le cœur, la décision d’aimer est maintenue vivante chaque jour, de s’appartenir, de partager la vie entière et de continuer à aimer et à pardonner. Chacun des deux fait un chemin de croissance et de transformation personnelle.

La grâce de l'Esprit Saint
C’est le chemin pour se construire jour après jour. Mais rien de cela n’est possible si l’on n’invoque pas l’Esprit Saint, si l’on ne crie pas chaque jour pour demander sa grâce, si l’on ne cherche pas sa force surnaturelle, si l’on ne le lui demande pas en désirant qu’il répande son feu sur notre amour pour le consolider, l’orienter et le transformer dans chaque nouvelle situation.

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Paru le 26 juillet 2018

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