Le sanctuaire de Saint-Jacques

On surnomme Saint-Jacques-de-Compostelle « la ville aux 46 églises, aux 114 clochers et aux 288 autels ». C’'est bien sûr la basilique dédiée à l’apôtre qui est le sanctuaire principal, et le but du pèlerinage.

À propos de l'article

  • Publié par :Gaële de La Brosse
  • Édité par :Gilles Donada

Le premier édifice, construit sous le règne d’Alphonse II le Chaste et sous l'’épiscopat de Théodomir, est consacré en 834. Mais Alphonse III le Grand souhaite pour le culte de l’'apôtre un édifice plus vaste et plus richement décoré. Il fait donc édifier un nouveau sanctuaire, consacré en 899. Celui-ci ne résiste pas aux vicissitudes de l'’histoire : il est réduit en cendres par la razzia d’Al Mansour, en 997, qui n’'épargne que le tombeau de l’'apôtre.

La construction d’'un troisième édifice commence en 1075, sous l’'égide du roi Alphonse VI et de l'’évêque Diego Pelaez. Les travaux se poursuivent avec l’'évêque Diego Gelmirez et sont achevés en 1128. C'’est cette somptueuse basilique romane, enrichie dans les siècles suivants, que nous pouvons admirer aujourd’'hui.

Il faudrait une journée entière pour pouvoir en détailler les multiples splendeurs : la façade nord, ou da Azabachería (ainsi appelée car on y vendait des bijoux de jais, ou azabache en galicien) ; la façade est, ou da Quintana, où se trouve la Porte Sainte ou Porte du Pardon, ouverte pendant les Années jubilaires ; la façade sud, ou das Platerías, où se situe le portail des Orfèvres ; enfin la façade ouest, ou del Obradoiro, de facture baroque, par laquelle on pénètre aujourd’'hui dans la cathédrale.

Dans le narthex, le Portail de la Gloire, œœuvre célèbre de Maître Mateo sculptée entre 1168 et 1188, est l’un des joyaux de l’'édifice. Sur le tympan, la cour céleste est réunie : le Christ entouré des quatre évangélistes, des anges portant les symboles de la Passion et des vingt-quatre vieillards de l’'Apocalypse qui chantent et jouent sur leurs instruments une musique céleste. Au pied de l’'Arbre de Jessé (qui représente la généalogie du Christ), le pèlerin creusera de ses doigts l’'empreinte dont la pierre a été marquée par des milliers d’'autres mains.

L'’édifice comporte trois nefs, un vaste transept, un chevet à déambulatoire entouré de nombreuses chapelles rayonnantes. La chapelle axiale est dénommée « chapelle de la France » ou « du Saint-Sauveur ». Des fonds récoltés par la Société française des Amis de Saint-Jacques ont permis d’'y mener des restaurations successives et d’offrir un vitrail, inauguré durant l’'Année sainte de 2004. Les pèlerins français viennent se recueillir en ce lieu.

L'’espace intérieur est dominé par l'’imposante statue de saint Jacques (XIIIe s.), qui surmonte le maître-autel. Après lui avoir fait l'’accolade, le pèlerin descend dans la crypte, qui est le véritable but de son voyage : c’'est là que se trouve la châsse en argent qui renfermerait les reliques de Jacques le Majeur et de ses disciples, saint Théodore et saint Athanase.

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Paru le 26 juillet 2018

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